Marcher avec une arthrose du genou reste possible, à condition d’adapter le rythme
Publié par : Éloi Saintonge — Rédacteur spécialisé en santé
La marche peut soulager l’arthrose du genou, sans ignorer les signaux d’alerte
La gonarthrose correspond à une atteinte progressive de l’articulation du genou. Lorsque la douleur s’installe, le réflexe est souvent de réduire tous les déplacements. Pourtant, l’immobilité prolongée peut favoriser l’enraidissement, la perte de force musculaire et une tolérance encore plus faible à l’effort. La marche douce sollicite les quadriceps, les ischio-jambiers et les muscles de la hanche, qui participent à la stabilité du genou.
Quiz : marcher avec une arthrose du genou
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Une douleur ne doit toutefois pas être ignorée. Une gêne légère qui apparaît au démarrage, puis diminue après quelques minutes, peut être compatible avec une activité modérée. À l’inverse, une douleur qui augmente à chaque pas, provoque une boiterie marquée ou persiste longtemps après la sortie doit conduire à réduire la séance et à demander un avis médical. Le bon rythme est celui qui laisse au genou le temps de récupérer.
Le seuil de douleur comme repère personnel
Il n’existe pas de distance valable pour toutes les personnes souffrant d’arthrose. L’état du genou, le poids, la force musculaire, le sommeil, une poussée inflammatoire ou le type de terrain modifient la tolérance d’un jour à l’autre. Avant de partir, évaluez votre douleur et votre raideur. Pendant la marche, gardez une allure à laquelle vous pouvez parler sans vous crisper.
Après l’effort, observez l’évolution des symptômes. Si le genou est plus gonflé, nettement plus douloureux ou plus raide le lendemain, la séance était probablement trop exigeante. Réduisez alors la durée, ralentissez l’allure ou choisissez un parcours plus facile avant d’augmenter à nouveau progressivement.
Adopter une démarche qui répartit mieux les contraintes
Bien marcher avec une arthrose du genou ne consiste pas à modifier volontairement chaque mouvement. Chercher à verrouiller le genou, raccourcir excessivement le pas ou se pencher du côté douloureux peut créer des compensations au niveau de la hanche, du dos ou de l’autre genou. Visez plutôt une marche souple et stable, sans précipitation.
Faire des pas réguliers sans chercher la vitesse
Gardez le buste droit, le regard porté devant vous et les épaules relâchées. Posez le pied sans taper le sol, puis déroulez-le naturellement. Des pas un peu plus courts peuvent être confortables lorsqu’un genou est sensible, à condition de ne pas avancer en permanence sur la pointe des pieds.
Évitez aussi les demi-tours brusques. Pour changer de direction, faites plusieurs petits pas plutôt que de faire pivoter le genou alors que le pied reste au sol. Cette adaptation simple réduit les mouvements de torsion et aide à conserver des appuis plus sûrs.
Les trajets modestes, répétés sur un parcours connu, permettent de mieux repérer les réactions du corps. Notez le revêtement qui fatigue le moins, l’endroit où faire une pause et le moment de la journée où le genou est le plus mobile. Ces repères vous aident à ajuster l’effort avant que la douleur ne devienne trop importante.
Choisir le terrain et les chaussures avant de penser aux kilomètres
Préférez un sol plat, régulier et peu glissant : trottoir en bon état, allée stabilisée, piste souple ou tapis de marche réglé sans inclinaison. Les descentes, les pavés, les chemins irréguliers et les pentes demandent davantage de contrôle musculaire et peuvent augmenter les contraintes. En cas de météo défavorable, mieux vaut différer la sortie ou choisir un environnement sécurisé.
Les chaussures doivent offrir un bon maintien du pied, un amorti confortable et un soutien adapté de la voûte plantaire. Une semelle très usée, une chaussure instable ou des talons hauts modifient les appuis. Si vous portez des semelles orthopédiques ou si vos douleurs s’accompagnent de problèmes de pied, l’avis d’un podologue peut aider à adapter l’équipement.
Construire progressivement la durée et la fréquence de marche
Commencez en dessous de ce que vous pensez pouvoir faire. Une personne peu active peut débuter par une sortie très courte sur terrain plat, puis augmenter progressivement la durée lorsque le genou reste stable après l’effort. La régularité compte davantage qu’une longue distance réalisée occasionnellement.
Le fractionnement est souvent plus confortable. Deux courtes marches dans la journée peuvent être mieux tolérées qu’une seule sortie prolongée. Après chaque séance, vérifiez l’état du genou le soir puis le lendemain avant d’ajouter quelques minutes ou quelques centaines de pas.
| Situation observée | Ajustement utile |
|---|---|
| Douleur faible et stable, sans gonflement après la marche | Conserver le rythme pendant quelques séances, puis augmenter légèrement la durée. |
| Raideur au départ qui s’atténue rapidement | Prévoir un échauffement très doux et démarrer lentement. |
| Douleur croissante, boiterie ou fatigue inhabituelle | Raccourcir la sortie, faire une pause et réévaluer le programme. |
| Genou chaud, gonflé ou douloureux au repos | Éviter la marche soutenue et solliciter un professionnel de santé si les symptômes persistent. |
L’OMS recommande 150 minutes d’activité physique modérée par semaine pour les adultes, mais cette référence doit être adaptée à votre situation. Une étude menée auprès de 400 personnes âgées de 50 à 80 ans atteintes de gonarthrose retient 10 000 pas par jour, soit environ 6 kilomètres, comme limite à ne pas dépasser.
Ce chiffre ne constitue pas un objectif à atteindre pour tout le monde. Une quantité inférieure, réalisée sans poussée douloureuse et répétée régulièrement, peut être plus pertinente. Un podomètre sert à repérer vos habitudes, pas à vous imposer un score quotidien.
Canne, pauses et douleur : les bons réflexes pendant la sortie
Une canne peut réduire l’inconfort et sécuriser la marche lorsqu’un genou est douloureux ou instable. Elle se tient du côté opposé au genou atteint : si le genou droit est douloureux, la canne se tient dans la main gauche. Elle avance en même temps que la jambe douloureuse, puis la jambe opposée suit.
Une hauteur inadaptée peut gêner l’épaule ou le dos. Demandez conseil en pharmacie ou à un professionnel de santé pour régler correctement la canne. L’objectif est de vous aider à marcher sans vous pencher excessivement ni relever l’épaule.
Prévoir une sortie avec des points de pause
Ne considérez pas la pause comme un échec. S’arrêter quelques minutes avant l’apparition d’une douleur forte permet souvent de marcher plus confortablement au total. Choisissez un itinéraire avec un banc, une possibilité de vous asseoir ou un trajet facilement raccourcissable.
Pour les courses, un caddie ou un diable évite de cumuler marche et port de charges, deux contraintes qui peuvent fatiguer rapidement le genou. Privilégiez également des trajets simples lorsque vous testez une nouvelle durée ou un nouvel équipement.
En cas de douleur aiguë après l’effort, reposez-vous et surélevez les jambes si cela vous soulage. Une poussée avec gonflement, chaleur locale ou douleur importante justifie de suspendre les longues marches jusqu’à amélioration. Après une période difficile, ne reprenez pas exactement au même niveau : recommencez par une durée plus courte et sur un parcours simple.
Renforcer les muscles pour rendre la marche plus confortable
La marche ne remplace pas complètement le renforcement musculaire. Des muscles plus endurants aident à contrôler l’axe de la jambe et à stabiliser l’articulation à chaque appui. Les quadriceps et les ischio-jambiers sont particulièrement sollicités, tandis que les fessiers participent au bon placement du bassin et du genou.
- Contraction du quadriceps : assis ou allongé, jambe tendue, contractez doucement l’avant de la cuisse sans bloquer la respiration, puis relâchez.
- Lever de jambe tendue : allongé, montez lentement une jambe tendue de quelques centimètres, sans cambrer le dos ni déclencher de douleur vive.
- Assis-debout contrôlé : depuis une chaise stable, levez-vous puis rasseyez-vous lentement, en vous aidant des accoudoirs si nécessaire.
Réalisez ces exercices 1 à 3 fois par semaine, selon vos capacités. Lorsqu’une douleur importante, une boiterie ou un manque d’équilibre est présent, mieux vaut les apprendre avec un kinésithérapeute. Arrêtez l’exercice s’il déclenche une douleur vive ou une aggravation durable des symptômes.
Consultez également sans tarder si le genou se bloque, cède, gonfle brutalement, devient rouge ou si la douleur vous empêche de poser le pied au sol. Un médecin, un rhumatologue ou un kinésithérapeute pourra proposer un programme de marche adapté à votre situation.
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